Fleur de silence

février 5, 2009

Vivre

Respirer

Sentir l’air dans les poumons dans son corps

Et sentir la violence de vivre

Comme une fleur de silence

Qui bat dans un corps avec un cœur qui bat

Toi tu regardes par la fenêtre

 

Indifférente

Et moi je regarde par la fenêtre

Avec la violence du silence

Et le silence de la violence

 

Tandis que j’écris ces mots

Avec l’encre de mes larmes amères

Tu retournes chez ta mère

 

Fleur de silence

A jamais

D’un hôtel l’autre

novembre 17, 2008

Polluxx pense qu’elle est “pas vraie cette tignasse”. Une vraie tignasse de call-girl. Pas une call-gril haut de gamme, qui te donne l’impression qu’elle sait faire des trucs et des machins aussi dingues, révolutionnaires et acrobatiques que la “pas encore regrettée” Nadia Comaneci. Plutôt une fille paumée originaire de l’Oklahoma qui vient d’atterrir à Las Vegas, avec pour seule monnaie son arrière-boutique et ses deux grelots de devant.

Elle dit à Polluxx : “En fait, je travaille dans la com. Enfin, pas tout à fait, mais c’est tout comme.” Et elle glousse. Marrante, hein ? “Sois plus précise : dans la communication, le marketing, l’événementiel ?” Il ne va pas la laisser répondre ce con, tu penses : “La communication, c’est comme les blogs, ça a au moins un aspect pratique….ça te donne le semblant de vie sociale que tu n’as pas”…hihihi, Polluxx glousse aussi quand il le faut. “Avec tes collègues, tu déconnes, tu commandes des pizzas sans matières grasses. Pendant les charrettes, tu pionces dans le lit de l’un, dans celui de l’autre (enfin, dans leurs lits d’hôtel), parfois même, si la soirée a été bien arrosée, tu t’abandonnes, tu broutes le gazon de ta voisine de bureau, devant l’un et l’autre. Le lendemain matin, t’as un peu honte, et puis surtout, t’espères que l’un n’a pas filmé le truc pour inonder avec l’autre tout internet…”

“Le goût de vomi qui gigote dans ta bouche, le remugle de la veille qui rebondit à l’intérieur de ton colon martyrisé, tu te dis que la vie n’est pas facile. Tu penses que demain peut-être des milliers d’internautes prépubères s’astiqueront le manche devant leur écran, devant la réprésentation hachée-webcam de toi et de ta copine, l’une emmanchée dans l’autre”

Heureusement que Polluxx est là ! “Vas-y, pose ta tête sur mon épaule. Pleure un bon coup, ça ira mieux ensuite, j’ai réservé une suite d’enfer dans ce taudis.”

Faire péter la CB

novembre 14, 2008

Jumping the shark. Connaissez-vous l’expression ? Il paraît que ça vient de la série « Happy Days ». A un moment, Fonzie, sur ski nautique, saute au dessus d’un requin dans une piscine, on dit qu’à cet instant, la série n’a plus été la même. Elle a entamé son lent déclin, pour disparaître. L’expression, Jumping the shark, est restée. Elle désigne la scène clef d’une série télé où les carottes sont cuites, la séquence de trop, le début de la fin.

Pour le Tronçonneur des blogs, j’ai mon idée sur quand il a sauté au dessus du requin.

Dire du mal des blogs connus, c’est un bon filon. Les blogs connus, il y en a peu. Les blogs obscurs, il y en a une putain de tripotée, ça déborde, quelle fosse sceptique. Mathématiquement, c’est une bonne idée de dézinguer les blogs connus. Ils sont dix, les autres, des milliers. Tu imagines, tu prends la défense des dix blogs connus, tu dis que les autres, c’est de la merde, des putains d’anonymes, tu imagines les amis que tu te fais ? Les dix blogueurs connus te snobent, car tu es obscur bien sûr, les milliers d’autres te traitent de connard, suicide social. Non, tu investis alors bien sagement dans le cassage de blogs célèbres, paparrazi 2.0, capital pas risque, médiocrité power.

Le Tronçonneur des blogs sait tourner ses phrases. Il scande, il martèle. Comme une sorte de prophète, un Tariq Ramadan du web, il dit du mal de Maitre Eolas ou Embruns, toujours les mêmes qu’il pioche avec la dévotion du pauvre dans le who’s who des blogs. Ca n’a pas vraiment de sens. Ce n’est pas vraiment réel, c’est comme un poème. C’est infusé. Narcissisme, vénalité, orgie, lobbying. Tête à couper. Désirs de révolutions. Les fans obscurs sont d’accord. Ils sont dix à être célèbres, et nous à ne pas l’être, alors les fans obscurs jubilent, ils dégueulent, non pas sur la célébrité, intouchable, précieuse, convoitée, mais sur les chanceux qui la goûtent – à leur place. On a beau être obscur, on est pas plus con qu’un autre.

La voilà, la routine. Tu mets une bannière « blogueur certifié non influent », pour dire que tu es fier d’être une ombre, et que toi tu n’es pas prétentieux, tu parles juste de ta vie d’anonyme en toute simplicité et pas intéressé, l’œil constamment rivé sur blogit-express et les stats de visites, et tu es heureux d’être vengé, par un mec qui tronçonne. Le Zorro des zéros.

A un moment, le Tronçonneur a dû faire une crise de lucidité sur sa propre connerie. Il a dû se voir dans trente ans, quand les Eobrums et les Verlas auront disparu, il a dû se dire, putain, je vais crever, j’ai passé du temps à critiquer… des blogs. C’était ça, mon hobby. Il a dû, preuve de son intelligence, vouloir passer la vitesse supérieure. Construire, au lieu de détruire. La Positive Attitude.

Il a fait pété la CB. La Contre-Blogosphère. Il a sauté au dessus du requin si vous voulez. Il s’est dit : il y a trop de méchants et de mauvais blogs qui polluent les gentils blogueurs obscurs, ça suffit comme ça. Il est devenu une sorte de robin des bois du web, un instituteur engagé, un monsieur pièce jaune. La contre-blogosphère, comment dire, c’est l’alter-blogosphère, c’est une blogosphère de l’axe du bien, c’est une blogosphère différente, sans les vilains et le vénaux. Il ne manque que la chanson du vieux crevard de service, disons Renaud, pour la reprendre en chœur dans les écoles primaires. Ils ont même fait, à plusieurs, un putain de logo !

Ca consiste en quoi, exactement, la contre-blogosphère ? En rien, c’est un joli réseau de blogs, mais en négatif, en réaction. Etablir une charte. Oui, comme les clubs au collège, on dirait qu’on fait un mouvement, avec une charte, et un badge et des coutumes secrètes, et un langage codé pour échanger des messages dans les forêts. La CB, c’est produire du contenu intéressant, pas du contenu pas intéressant. Du contenu de qualité, comme des Quality Streets. C’est quoi la qualité ? Peut-être un comité de sages, qui tranche, qui analyse les blogs du monde entier pour dire : casher, pas casher. Quatre obscurs qui mettent leur logo digne d’une banlieue de RDA sur leurs blogs d’artistes, plus le tronçonneur, général dégommé de son armée fantôme.

L’essentiel, c’était d’en être. Contre ceux qui s’organisent en club, faire un anti-club. Un contre-club. Un club, quand même.

Il a dû se rendre compte, au final, qu’il tricotait du vent. Alors quoi ? Il va étendre son périmètre, car il y a tant de nouvelles choses à détester. Il n’y a pas que les blogs célèbres dans la vie. Il faut diversifier l’offre. A l’avenir ? Critiquer Star Academy, Loft Story 12, le prix Goncourt, Koh-Lanta ? Le nez perpétuellement plongé dans la merde adorable, à longueur de journée, si fascinante, indispensable. Surfer le buzz, snifer le buzz, cracher le buzz, faire du buzz. Petit chroniqueur impertinent du web, à la Stéphane Guillon.

La contre-blogosphère…

C’est là, je crois, qu’il a sauté le requin. Et franchement, je peux vous assurer que le requin, il a pas joui.

 

T’avais 28 ans. Tassés ? C’était la 1ère fois que tu tripotais un minou, c’était la révolution. La révolution partout, dans ton calbute I’m a Porn Star, la révolution en gelée translucide dégueulant sur ta main. Elle avait le minou qui ne sentait pas la rose, voire même, qui sentait presque les excréments, mais tu te serais mis le nez dedans si elle t’avait laissé faire. Bizarre cette nana, elle te laissait la lui mettre dans le cul, puis dans la bouche, à nouveau dans le cul, re-la-bouche, inlassablement (enfin, aussi lassablement que le permettait ton endurance-dégorgement) mais elle refusait absolument que tu fourres ta langue dans son immaculé Zara Home !

Aujourd’hui, t’as 40 ans ? Tassés ? Et tu n’as plus jamais revu ce minou malodorant. C’est un trésor-souvenir excavé par des pilleurs de tombes. Son minou est exposé à ce jour au British Museum. Entre une momie et une tunique motif écossais en latex signée Vivienne Westwood. Un petit projecteur l’éclaire et lui offre une teinte défraîchie (la teinte d’un Vermeer). Et parfois, tu te réveilles, gluant de sueur, bite collée à l’oreiller, le goût illusoire, jamais connu, de son con, dansant sur tes papilles. Un goût (Pollux s’insère ici pour le rappeler) qui te sera à jamais étranger (à mons de braver la sécurité du Rosbif Museum ; bonne chance !)

Tu n’as plus jamais revu de minou en fait. C’est pour cette raison qu’il y a plein de photos de filles à poil sur ton blog ? Tu t’astiques doucereusement devant ton placard 2.0, troqué au prêteur sur gages de la postérité. A chacun son Mont de Piété, chuchote Polluxx, de passage en Angleterre, dans l’oreille velue du minou retrouvé.

Connectivité de mon membre

novembre 4, 2008

J’ai un blog. Mes commentatrices sont vraiment des grosses salopes. Je le sens, leur façon de dire : « tu t’y connais vraiment en iPhones ! » Avec leur petit avatar, leur petit lien de leur blog glissé dans leur petit commentaire, avec l’espoir que je leur chatouille l’URL, que j’aille glisser ma petite réponse dans leur petit espace humide, plein de fées et de taillons aiguilles.

Je réponds invariablement : « Oh tu sais, je crois vraiment que la technologie avec son potentiel de connectivité va vraiment faire évoluer les mentalités dans le bon sens »

Moi j’ai surtout envie de leur connectiver ma bite, de leur envoyer de grandes ondes séminales sur leur visage attendri d’avatar japonais.

Regardez, dis-je, ce petit podcast au salon de l’Open 2.0, on devine bien comment je suis sympa avec mes copains barbus à faire des blagues parmi des pizzas. Elles me répondent : « Oh comme tu es drôle ! Mais je ne suis pas d’accord, il est vraiment très pratique le dernier EEEEEEEEEPC. » Mais j’espère que c’est toi qui est très pratique, mais que tu es juste barbu au bon endroit, ma puce.

Carnage Olive

novembre 3, 2008

Polluxx sirote un verre de Martini blanc, au milieu duquel flotte une olive triste et résistante. Ses lèvres vont et viennent à l’extrémité du verre, parcimonieusement, il recueille un mince filet de liquide alcoolisé qui nage ensuite dans sa bouche et dégringole dans le fond de sa gorge. Son appartement n’est éclairé que par les Lumières terribles et protéiformes de son BeoCenter.

A l’intérieur du tube, BHL parle en 5.1 de son dernier livre correspondance, coécrit avec son compagnon d’infortune, Michel Houellebecq. Tous sujets abordés : les désordres du monde, la littérature petite et grande, la critique littéraire, la meute de loups rêvant de se repaître de leur peau, la Bosnie et la Tchétchénie, Ségolène Royal, le prix de l’essence, les putes russes, ukrainiennes et thaïlandaises, le temps qui n’est plus ce qu’il était, le sens du mot “citoyen”, du bien fondé de payer ses impôts. Polluxx se sent comme un baigneur égaré dans une piscine d’huiles essentielles.

Et soudain, c’est la révélation. D’un bond, Polluxx se dresse sur ses deux jambes, renverse son verre, dont l’olive s’échappe et roule sous la table basse en ébène du salon. BHL est un blogueur !

Comment s’étonner ensuite que la majorité des blogueurs rêve de devenir écrivain ?

Réprimant un bâillement sournois, Polluxx pianote dans un troquet assaini, sur son portable Sony Vaio Z21WN/B 13,1’’ TFT 3G+, doté d’un processeur Intel Core 2 Duo P9500, d’un disque dur 250 GO et d’une RAM boostée à hauteur de 8 GO. Une Rolls pour ses doigts délicats, ses ongles droits et manucurés. Malgré le bannissement de la pourriture organique humaine, la salle pue les odeurs d’antan, qui se sont incrustées partout et perdureront tant que le monde sera monde, c’est à dire, tant qu’il y aura des troquets dignes de ce nom contre laquelle toute javel, même industrielle, sera inefficace.

La Rolls, Wifi-poudrière, ça ne s’arrange pas, constate-t-il, page après page, c’est la même merde, les mêmes nombrils. Les mêmes ganaches qui copulent avec les mêmes listes de bouquins-cautions, les mêmes loisirs débiles. Il sourit. « Dans tout monde, pense-t-il, il y a une genèse, et un être qui actionne toutes les manettes. Et un réprouvé aux cheveux blonds qu’on balance aux chiottes de la gloire. Dans tout monde, il y a une apocalypse, une destruction programmée ».

Une gonzesse pas terrible mais plutôt bandante reluque l’écran par dessus son épaule. Quand il se retourne, il n’évite pas ses deux petits yeux, trop proches l’un de l’autre (même s’il en cherche l’espace un instant). « Vous êtes blogueur », dit-elle à Polluxx, qui lui répond : « oui, comme tout le monde ». Après un silence, un minauderie sans doute, baissant la voix, elle ajoute : « oh non, pas moi, je ne saurais pas, je n’ai pas de talent, je préfère laisser cela à d’autres…et vous faites…heu, vous écrivez quoi ? ».

Polluxx caresse le visage de cette pépée abandonnée. Il avale une gorgée de son Vittel-menthe puis souffle son haleine dans sa direction. Il dit : « nonobstant l’envie que j’ai de te baiser là, tout de suite, sur la table (ce qui se fera tôt ou tard), je veux bien au moins te dire ce que je fais. Comme dans tout monde, il y a une genèse et un être qui actionne toutes les manettes. Et un réprouvé aux cheveux blonds qu’on balance aux chiottes de la gloire. Je suis celui-là, je suis l’antéchrist de la blogosphère ».

Le labyrinthe

octobre 31, 2008

Polluxx me dit :

« En fait, on va devenir dingue,
on est dans un labyrinthe dont on est nous-mêmes les minotaures…

Et pas d’Ariane en vue… »

Bienvenue à Blogoland.